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Le blog écologique de Mouats Hafid.

Le blog écologique de Mouats Hafid.

Mon blog sera consacré à la défense de l'environnement, à l'interpellation de notre société (Algérie) pour la sensibilisation de l'homme à la fragilité de la nature. Même en solo via ce blog, je milite pour la protection de la nature. "Il y a une légende amérindienne qui raconte comment un colibri, ce tout petit oiseau, lors d’un feu de forêt, faisait des allers-retours à la source d’eau pour éteindre l’incendie. Tous les autres animaux de la forêt, atterrés, la regardaient brûler et observaient le colibri s’affairer. Puis le tatou moqueur lui dit : « Tu perds ton temps, ce n’est pas avec ces quelques gouttes que tu vas arrêter le feu, colibri ! ». Le petit oiseau lui répond : « Je le sais, mais je fais ma part. »." Et bien moi M Mouats Hafid originaire de Skikda/Algérie, je fais ma part. Bonne visite à mon blog.

Les Romains étaient écologistes.Par Mouats Hafid.

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De nos jours le surchauffement de la planète est un sujet à controverse, l’écologie et la protection de l’environnement sont une préoccupation majeure. Les Romains de l’antiquité étaient déjà les devanciers de la protection de la  nature et du développement utile. C’est en fouinant dans des ouvrages sur  l’histoire de ma région natale Skikda que j’ai découvert le  savoir faire des Romains qui avaient bâti la cité Rusicade au 3ème siècle après J.C, sous le règne de l’empereur Hadrien,  rebaptisée Philippeville après 1838 par le colonialisme français, de nos jours dénommée Skikda depuis l’indépendance en 1962.

    En observant minutieusement  le système d’adduction des eaux qui alimentaient l’antique Rusicade,  j’ai relevé l'ingénieuse technique de récupération et d’épuration les eaux pluviales,  aussi leur   recyclage après utilisation dans les sanitaires pour  l’irrigation, par un système de canaux et de sillons qui arrivaient  jusqu’aux champs.  

    Les Romains se donnaient de la peine et les moyens aussi pour construire des thermes luxueux où l’eau était en abondance, grâce à sa récupération par des procédés usités jusqu’à nos jours et enfin stockées dans des citernes et des bassins qui   arrivaient   dans  les maisons et les édifices de la cité.  Ils cultivaient aussi des jardins de fleurs pour le plaisir et pour les odeurs qu’ils répandaient dans l’atmosphère. Ils avaient  le souci du bien-être et du raffinement.

    Il y a eu certes d’autres civilisations après celle des Romains qui donnaient de l’importance à la salubrité des eaux et au développement utile, mais toutes, à mon humble avis s’étaient imprégnées ou inspirées des concepts réalistes de la civilisation romaine.

 

    Cette vocation de préserver la nature  chez les Romains m’a vraiment séduite. Et pour mieux connaître la période où ils avaient occupé cette région de la Numidie orientale, j’ai fait une immersion durant des mois dans les rares ouvrages que j’ai trouvés sur l’histoire de Rusicade, et que j’aime bien partager avec les internautes qui s’intéressent à ma région Skikda.  Ce sera un récapitulatif et un condensé de l’histoire de la période Romaine sous l’empereur Hadrien (117- 158 de l’ère chrétienne) époque où Rusicade fut construite.  Sans prétendre être un historien,  à ma manière je relate la cité Rusicade d'après ce que j’ai lu, tout en ajoutant mes propres observations et ma propre lecture sur l’histoire de ma région, car tout ce qui a été écrit par les plumes colonialistes doit être retenu  avec prudence et lucidité. En attendant de me pencher sur d’autres histoires de ma ville, voici donc la brève histoire de Rusicade avec ses monuments, ses édifices,  son urbanisation, ses vestiges, son système d’adduction et d’épuration des eaux.

 

 

 

Mouats Hafid, auteur de ce blog.

 

 

 

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                                            L’histoire de l’ancienne « RUSICADE » Skikda.

 

 

 

Introduction.

 

    Notre terre  sera tour à tour envahie par les Phéniciens  Grecques au septième siècle de l’ère chrétienne avec la fortification  de comptoirs dont « Hadramute (Hadramaout, Sousse), Hippone (Annaba), Iole (Cherchell) et aussi Astorah (Stora le port de Rusicade).

  

    Puis occupée par les Romains  en quarante sept (47) avant l’ère chrétienne en fondant un peu plus tard la ville Rusicade et son port Asthora, ancien comptoir des Phéniciens d’où été exporté le blé et d’autres marchandises vers Rome, commandée alors par son Roi César, celui qui vient de conquérir la Numidie  en cette période même. Il Fonda la grande colonie de Cirta (Constantine) et s’installait dans les terres les plus fertiles et fédérait tous les comptoirs Phéniciens du littoral.

  

    Avant ces occupations, cette terre était connue sous le nom de « Numidie ». la Numidie qui s’étendait à l’ouest du grand Maghreb, habité par les « Maures »  qui formèrent un royaume compris entre la moulaya (fleuve Marocain) et l’océan atlantique, englobant une grande partie du Maroc, actuel Ville de Tingis (Tanger) comme capitale. Plus à l’Est, les Numides   formèrent deux royaumes, celui de l’Hippo-Regius (    Annaba) et celui de Cirta (Constantine)  sous le prestigieux Roi Berbère (ou Barbare selon les envahisseurs, Amazigh selon les autochtones) Massinissa . Roi de la Numidie orientale,  né en deux cents quarante (240 ou 238) avant l’ère chrétienne. La Numidie s’étendait aussi au royaume du sud sur une grande partie du Sahara. Elle  regroupait plusieurs tribus dont les plus importantes d’Est en Ouest, les Natembles, les Dares et les Autoles.

   Enfin, quelques temps  après  l’avènement de l’Islam, il y a eu la  conquête  des Arabes musulmans avec le légendaire Okba Ibn Nafaâ, venu de la grande Arabie pour rapporter le message divin, prophétisé par le messager  Mohamed (Prière  et paix sur lui). Puis les musulmans  arrivèrent à l’ouest sous le commandement  du général Moussa Ibn Noussair et conquérir l’Andalousie avec le concours des habitants de l’ex Numidie dont le plus célèbre fut  l’Amazigh « Tarek Ibn Ziyad ».

 

    Sous la menace des expéditions militaires des chrétiens d’occident,   les musulmans du Maghreb central,  au 15éme siècle après J.C. avaient fait appel au  grand califat musulman Turc, connu sous le nom de « califat Ottoman » pour les protéger principalement contre les croisés espagnols, anglais et français.

    La France  a réussi à coloniser en 1932 cette région du monde après plusieurs tentatives d’expéditions pour assujettir son peuple et sa terre. Et c’est justement cette dernière histoire qui nous renseigne le plus sur notre région et ses antiquités. D’où mon intéressement  sur une période essentielle  dans l’histoire de la cité « Rusicade »  construite sous l’ère de l’empereur Romain  « Hadrien » (117- 158 de l’ère chrétienne)  vers  l’an 133.  

        Les Romains avaient donc érigé  Rusicade,  importante station maritime après le séjour  des Phéniciens qui l’avaient élevé  en comptoir pour les échanges commerciaux avec l’Europe. Après l’affaiblissement des Romains de Cirta, suite à plusieurs guerres dont celle de l’an 312 après J.C. où il y a eu des combats acharnés entre les deux rivaux « Maxence » et Alexandre » pour le pouvoir sur la capitale Cirta, qui fut livrée au pillage et aux flammes et pendant ce temps-là, les Berbères  étaient désunis, éparpillés à travers les provinces de l’Afrique du nord, ils étaient incapables de tirer profit du  déclin des Romains pour arracher leur liberté. Ce seront les « Vandales » peuple germain originaire des bords de la Baltique qui vont profiter de cette situation pour se lancer à la conquête de l’Afrique du nord. C’est en 423 après J.C que les Vandales sous le commandement de leur Roi « Genseric » débarquèrent et traversèrent  l’Afrique du nord, d’Ouest en Est, sans rencontrer de résistance. Ils furent même accueillis dit- on en libérateurs par les Berbères. Après la mort du Roi des Vandales « Genséric » en 477 après J.C., le royaume commença à pencher vers sa fin,  les tribus berbères insoumises  allaient enfin profiter de ses faiblesses pour les battre en s’insurgeant et recouvrant leur indépendance. La première région à être libérer des Vandales était « l’Aurès ». Les Vandales avaient donc perdu le terrain et se replier,  mais en appliquant la politique de la terre brûlée où Rusicade avait payé les frais puisque mise à sac, pillée  et enflammée.    

   

     Quatorze siècles plus tard après l’occupation Romaine, quand les troupes du général français   « Négrier » partie de Constantine conquise en 1837, s’approchèrent pour la première fois, du rivage de l’ancien golf de Numidie, elles se trouvèrent le 10/avril/ 1838, en présence d’un amphithéâtre (un cirque en dur) romain bien conservé malgré les  siècles passés où les vandales avaient détruit la ville. Ensuite  les troupes du maréchal « Vallée » gouverneur de Constantine, en explorant la zone avaient découvert les ruines d’une ville Romaine avec ses  monuments, son théâtre, ses nécropoles, ses rues et surtout son système ingénieux d’irrigation par l’eau qui alimentait la ville et son port Ashtora (Stora).

 

    Le premier à avoir procédé à des fouilles sur ses vestiges trouvé et donné des renseignements très utiles, c’était le commandant chef de l’escadron  d’artillerie « de La Mare ».  Il avait mentionné dans un Atlas, les ruines Romaines d’Algérie, des dessins avec plans et coupes représentant des vestiges disparus ou défigurés.

    Parmi les rares ouvrages que j’ai pu consulter, deux noms de personnages reviennent souvent pour nous démontrer l’énorme  travail réalisé dans le domaine archéologique et historique. Il s’agit d’abord du receveur municipal et conservateur du musée de Philippeville (Skikda actuelle), M  « Louis Bertrand ». On a dit de lui que c’est l’homme qui connaissait le mieux les antiquités de cette ville antique. Il avait élaboré à son époque  avec « François Bertrand » un précieux catalogue où il avait mentionné des données très précises sur la physionomie de la ville que la France coloniale avait identifié sous le nom de Rusicade,  grâce surtout aux « Epigraphies » trouvées sur les ruines. 

    L’autre personnage tant évoqué par les ouvrages sur l’histoire de Rusicade est le géomètre M. « Jules Chabassière ».  Il avait étudié l’ingénieux  système d’adduction  des eaux, d’aqueduc et de citernes, que les romains avaient construit pour l’alimentation en eau potable Rusicade et son port de Stora. Comme il avait ajouté d’utiles renseignements sur les vestiges dessinés par le commandant « de La Mare » au début de l’occupation.

    Les archéologues et historiens avaient mis l’accent sur l’empressement du génie militaire et des services publics de la commune à suivre l’exemple des  Romains pour édifier la nouvelle ville, mais ont commis des dévastations en utilisant les pierres des somptueux édifices pour ériger la ville moderne « Philippeville ».  Pierre par pierre, les soldats de l’armée coloniale  démolirent et utilisèrent les matériaux  pour construire  la cité nouvelle. Afin de sauver les vestiges qui restaient après les démolitions du génie civil, en 1859, sur l’ordre du prince « Jérôme Napoléon », ministre de l’Algérie et des colonies, un musée a été fondé et confié au premier conservateur, l’architecte «  Joseph Roger » pour déposer les vestiges. D’abord, ils furent installés au théâtre romain, autour d’une baraque en planches plantée à l’emplacement de la scène. Mais au cours du déménagement, beaucoup d’inscriptions et  de vestiges ont été détruits. Lorsque le hangar devient irréparable, la ville reçut les collections dans le rez-de chaussée de l’hôtel de ville. Là aussi, les employés de la commune avaient fait des dégâts lors des aménagements.

    Plus tard en 1898 un musée  fut construit, mais pendant quelques années les ruines du théâtre romain  furent encore utilisées comme dépôt des marbres antiques. M M. Joseph Roger, Stéphane Gsel, François Bertrand et Louis Bertrand contribuèrent à mettre de l’ordre dans les collections à les classer et à en dresser l’inventaire.

 

    Dans ce qui suit cette introduction, je  fais un bref historique sur l’histoire de « Rusicade » et son port « Ashtora » (Stora). Puis faire une description de la physionomie de la cité avec  ses repères, comme les monuments, les nécropoles, les édifices, l’urbanisation, le système de captation des eaux  etc.

 

                                                                                                                                                            

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 Tombeau de Massinissa prèt d'Elkhroub/Constantine.

 

  MASSINISSA.

 

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  Massinissa, est un roi Amazigh et le premier roi de la Numidie unifiée. Son nom a été retrouvé dans son tombeau à Cirta, l'actuelle Constantine sous la forme consonnique MSNSN (à lire MAS-N-SEN, qui veut dire « Leur Seigneur »).

Fils du roi Gaïa (agellid en berbère) (G.Y.Y, inscription punique), petit-fils de Zelalsan et arrière petit-fils d'Ilès.

Il est né vers 238 av. J.-C. dans la tribu des Massyles (Mis Ilès) et meurt début janvier 148 av. J.-C..

À la mort de Gaïa, Massinissa passant dans le camp de Rome, en 203 av. J.-C. contribue à la capture et la victoire sur Syphax roi des Massaesyles par le commandant romain Gaius Laelius. Syphax est alors envoyé à Rome en tant que prisonnier où il meurt en 202 ou 203 av. J.-C. et les Romains accordent au roi Massinissa le royaume de Syphax en remerciement de son aide.

 

 Portrait du roi Massinissa. Son nom berbère est écrit dessous en tifinagh et en latin. (MASNSEN)

 

Source: Wikipédia; encyclopédie libre.

 

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Création de Philippeville sur les ruines de Rusicade :

 

Découverte de son nom .

 

   Le Maréchal Français Valée, parti de Constantine, conquise une année plus  tôt,  ordonnait le 07 octobre 1837 une deuxième expédition sur le golf de l’ex Numidie orientale.  Ce fut un trait de lumière pour sa stratégie, lui qui voulait une voie de communication vers la mer en imitant les Romains qui ont fait de la féconde Numidie un grenier vers l’Europe, contre l’insuffisance de ses récoltes.

    Mais il s’aperçut vite que la ville qu’ils venaient de découvrir  n’a jamais été un port proprement dit, c’était un  entrepôt où on déposait les produits agricoles venus par la route de Cirta, pour être chargés, à destination de Rome.

    En réalité, cette marchandise était débarquée dans un port voisin, qui fut l’ex comptoir des Phéniciens : Ashtora (Stora) et qui se situe à trois kilomètres à l’Ouest de la  ville qu’il venait de découvrir.  

    Quelle était cette cité dont les troupes Françaises se mirent aussitôt à déblayer les vestiges ? Elles ne tardent pas à le savoir par la découverte d’une dédicace pour un mécène gravée dans  un triple cadre, sur un grand piédestal de marbre, tiré des décombres entassés sur l’arène du vieil « Amphithéâtre », cet édifice qui fut découvert lors la première expédition sur cette région. Cette épigraphe était ainsi conçue :

 

 

      * Traduite à la langue Française.

 

   La  cité que venaient de découvrir les soldats Français, était  donc « Colonia  Veneria RUSICADE »

C’était l’ancienne colonie romaine de Cirta, devenue « Philippeville » sous le colonialisme Français et de nos jours « Soukaikida, Skikda » après l’indépendance de l’Algérie. Par cet énoncé, je vais essayer  de restituer grâce à la documentation en ma  possession, la physionomie antique des restes d’une ville où furent  inspectés  puis inventoriés des vestiges découverts par les chercheurs de la France coloniale. 

   Pour la connaître mieux cette ville Romaine, j’ai retenu la même démarche faite par les envahisseurs de la Numidie, en adoptant la route dite « voie Romaine » qu’ils avaient empruntée pour arriver au golf de Ashtora (Stora).

 

La voie Romaine .

 

Cirta, capitale administrative et commerciale d’un petit état se reliait au littoral par cette voie qui  traversait Rusicade et rejoindre à trois Kilomètres par la côte Ouest son port « Ashtora, Stora ». Il  fut  le plus proche et le pus favorable pour  les besoins de l’agriculture acheminés par bateaux vers Rome, la métropole de l’Empire Romain. La route partait de Cirta et aboutissait donc au port de Rusicade. Elle passait par la plaine « d’Azimacianum » (Elhamma) en traversant le « Rhummel » ; elle se poursuit presque en ligne droite jusqu’à « l’oued Smendou ». Elle franchissait les hauteurs « d’Elkantour », puis par les « Toumièttes » en longeant « l’oued Saïd » pour se poursuivre en ligne droite jusqu'à Rusicade.

    Entre Cirta et Rusicade, il existait quelques étapes routières, les plus importantes étaient : Rusicade à villa Sele : 44 kilomètres ; de villa Sele à Palma : 37 Km ; de Palma à Rusicade 18 Km. Ce qui donne une voie d’une longueur totale de 99 Kilomètres.  Dans l’ouvrage « Exploration scientifique de l’Algérie » de « Ravoisie » il dit que  « la voie est construite au moyen de deux bordures en fortes pierres reliées à des intervalles de huit à dix mètres par des chaînes où traversent également en pierres de fortes dimensions et dont chaque espace est soigneusement rempli par un blocage de petites pierres. Cette  chaussée avait une largeur de 7 mètres et 20  centimètres.

 

 

 

Les noms de Stora et de Rusicade.

 

    Après la ruine de la domination Romaine, les géographes du Moyen Age ainsi que des auteurs Arabes comme El Idrissi  qui signalait le  « Mers Stora », l’historien et géographe Abou Obéid El Bekri, au 11e siècle relatait  dans sa description sur l’Afrique du Nord « Istoura ». L’espagnole Marmol l’avait  cité « Estore ». Cet ancien comptoir maritime Phénicien est niché au fond d’un golf formé par le « Cap Bougaroun, collo » à l’Ouest  et « Cap de fer » Fil Fila  à l’Est, resserré entre des montagnes escarpées et le rivage si bien protégé des vents, constituait un abri sûr pour les navires qui y venaient au mouillage.  Ce port sera connu sous le nom de « Stora ». Il est probable qu’il a été reçu du nom de « Venus », divinité des navigateurs Phéniciens : dans la langue punique des  Carthaginois il était désigné par: « Asthorth ou Astarté ». Et comme Venus la belle Déesse était également la protectrice de la famille impériale, les romains lui avaient consacrée le nom « Veneria Rusicade ».

   

    « Scylax de Caryanda » navigateur et géographe grec, rapportait dans son périple au 5eme siècle avant J.C., le nom d’une ville au nom de « Tapsa » sur la côte africaine au fond du golf de la Numidie. Les Phéniciens mentionnèrent sur la liste des comptoirs d’Afrique le nom de « Tapsa ou tapsus ». Des recherches établies par certains historiens dont le Docteur Judas sur le mot Tapsa et Saf Saf, mots sémitique adopté par les Berbères pour nommer le peuplier blanc et il désigne plus précisément un arbre très répondu dans la région, qui est la saule, Tsaf Tsaf en dialecte Berbère. La conclusion qui s’impose suite à des recherches  est qu’il y a identité entre les mots Thapsus et Saf-Sah. Cette ville Phénicienne dont il n’est pas resté beaucoup de traces fut probablement fondée à l’époque où Carthage dominait le bassin méditerranéen. Après la défaite et la disparition de l’empire carthaginois, la ville est tombée entre les mains de Massinissa.

    Le nom de cette ville ne serait pas d’origine romaine, donc selon des historiens il s’agit d’un mot punique du langage Carthaginois. Il viendrait de la racine  « Rus » qui signifie « Cap ou tête » en Phéniciens. Et « Cicada » qui veut dire « Cigale ». Ce qui donne  « Le Cap des Cigales ». La racine « Rus » rime comme le mot arabe « Ras, tête ». Les Carthaginois avec leur langue punique la désigne sous le nom de « Ras el uqadh », les arabes « Ras elwaqad ».

  

    Le nom de la ville est aussi attribué au groupe de mot latin « Seka ada » qui signifie le « phare du rocher » d’où la transformation en arabe en « Soukaikada » citée au 16e siècle après J.C. par le grand voyageur et géographe Hassen El Wezène dit Léon l’Africain et « Sikda » citée par Ibn Khaldoun au 14ème siècle après J.C. Plus tard, un historien Européen l’avait cité « Sekikda ». Cette ultime désignation fut retenue par les Berbero-arabe de la région pour désigner leur ville. Ainsi le nom de Rucicade se transformât  en « Ras-Skida » pour nommer le point le plus haut de la colline où nichaient les cigales se trouvant à l’Est de la ville, alors que les tribus Berbero-Arabes  installées  sur la pente de cette colline dite « Djebel Skikda »(actuel djebel Bouabaz)  porteront le nom de « Arb Skikda ». Cette même appellation, nous la trouveront plus tard sur la route de Bissi en allant vers Azzaba, désignant une montagne et ses habitants sous le même nom de « Arb Skikda ».

     Rusicade la Romaine fut rebaptisée par la France coloniale sous le nom de « Fort de France » du nom du navire qui permit le 1er débarquement sur la baie de Skikda, puis, encore rebaptisée « Philippeville » en honneur au roi Philippe le 17 novembre 1938 sur proposition du Général Valée commandant du corps expéditionnaire de Constantine.

    Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, le peuple de la région récupérait le nom ancien de cette ville qui est  redevenue « Soukaikida, Skikda ».

 

  epigraphes rusicade montage

 

 

 

 Epigraphe de Rucicade trouvée à l'amphithéâtre.

 

 

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Le port romain de Rusicade, Stora.

    Dès l’occupation de l’ancien comptoir Phénicien de Stora, les romains ont fait  des aménagements très importants sur ce point du  littoral. La première préoccupation était d’alimenter en eau le port et les nombreux navires qui y venaient au mouillage afin de décharger ou décharger  les marchandises. C’était dans ce but que les romains si experts dans l’art hydraulique, se livrèrent à de grands travaux d’adduction des eaux.

  

Les conduites d’eau, les citernes et les fontaines du port de Stora.

   Les romains  réaliseront sur les hauteurs de Stora à 116 mètres au-dessus du niveau de la mer, un point de captation des eaux pluviales. Ils réalisèrent  la construction de deux bassins d’épurations, une piscine de retenue des eaux et l’autre un réservoir pour amoncellement  de la vase suspendue. Puis les eaux captées seront chassées par des vannes en dehors des bassins par une conduite qui descendait  et acheminait  l’eau par gravité 45 mètres plus bas pour  arriver dans une chambre d’eau parfaitement aménagée.  Ces ouvrages, distribuent les eaux épurées à travers une série de galeries souterraines et de canaux pour alimenter en contrebas du  port au niveau de la mer, des citernes et des fontaines.

    Les citernes recevant les eaux des hauteurs avaient pour fonction d’alimenter principalement une grande fontaine qui desservait le port et la fournissait aux navires qui y venaient au mouillage. Ce système d’adduction des eaux a été bien décrit par les géomètres dans des ouvrages historiques où techniques.

    J’aborde  dans cette recherche, les indications  des  principaux édifices réalisés par les romains et  l’abondance de la matière permet  de s’attarder peu  sur l’étude technique de chaque œuvre dans la ville de Rusicade et son port Stora.

 

http://www.horizons-dz.com/?Le-chateau-d-eau-romain-de-Stora

Les entrepôts de l’Annone du port de Stora.

    Grâce à sa proximité avec Cirta et sa position favorable au fond du golf de Numidie, le port de Rusicade était le plus important et le plus actif de la colonie Julia Cirta.  Il avait donc la lourde tâche de ramener les produits de l’Annone. L’Annone, c’était le service de l’approvisionnement en blé et de prélèvement des impôts dans la Rome antique. Afin de centraliser les produits de l’Annone de toute la région, les romains avaient construit de vastes entrepôts pour les recueillir.  L’entrepôt du port de Stora était situé au pied de la montagne faisant face au golf, sur le bord d’une plage de sable (plage Bikini), là où sont encrées les nombreuses barques de pêcheurs. Cet entrepôt qui fut édifié au 4eme siècle selon  le commandant de l’artillerie « De La Mare »,  existait encore, en partie, en 1840. Ce dernier  avait dressé un plan où était mentionné que  l’entrepôt mesurait 75 mètres de façade sur la mer avec des profondeurs et des compartiments variables de quatre à douze mètres.   

La double nécropole du port de Stora.

    Il est  connu que dans chaque ville il y avait un espace aménagé pour un grand cimetière. Dans l’antiquité ces cimetières étaient désignés par le terme « Nécropole ». Le premier à avoir vu le jour à proximité du port de Stora était celui de la population urbaine des Phéniciens avant l’époque romaine. Ces derniers  avaient leur propre mode d’ensevelissement.

    Lorsque les romains occupèrent l’ancien port, ils trouvèrent que le lieu de sépulture, adopté par leurs  prédécesseurs avait été bien choisi et ils inhumèrent leurs morts à côté d’eux. La différence était dans le mode d’ensevelissement. Les deux nécropoles ont été mentionnées par l’auteur français le Docteur Guyon à l’époque de « De La Mare » dans  sans ouvrage « Voyages aux Zibans ». Il décrit les nécropoles ainsi : [Sur la gauche de la citerne, quand on approche de la mer, était un cimetière, remarquable par son mode d’inhumation. Les cadavres y étaient déposés tout entiers dans de grandes jarres, la tête en haut et ses jarres étaient ensuite couchées les unes à côté des autres……  Ä l’Est et tout à côté de ce cimetière, il y  avait un autre, dû vraisemblablement à une population moins ancienne et où l’on trouva, dans des remuements de terre, des sarcophages d’une seule pièce.]

    Les romains avaient  plusieurs  manières d’ensevelir leurs morts : avec des tombeaux individuels ou des tombeaux collectifs.  L’inhumation était en pleine terre, le mort était enveloppé dans un linceul et déposé directement dans la fosse. On enterre aussi dans  des caveaux en tuile dans laquelle  était allongé le défunt. Il y  avait aussi le sarcophage qui fut sans doute le type de sépulture le plus élaboré.

    L’incinération était pratiquée à cette époque là. Les cendres du défunt étaient déposées dans une urne en terre cuite, en pierre ou en verre dans une amphore. Enfin des tombeaux collectifs permettaient de regrouper les corps et les cendres de plusieurs morts : c’était le « Columbarium ».

 

 

 

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Villa Romaine

 

        La voie Romaine entre Rusicade et Stora était jalonnée de maisons de campagne et d’installations de plaisance

dont il restait des vestiges au moment de l’occupation Française. Malheureusement par négligence et peut-être par

priorité, les colonialistes français avaient démoli et recyclé les matériaux trouvé dans les sites des vestiges. Ils avaient tenté par la suite de récupérer les traces des édifices  en parcourant l’ancienne voie entre Stora et Rusicade. Une des villas dominant toute la baie du port a été décrites par les investigations du Comandant « De La Mare » où il indique son emplacement exacte : [En partant du village (Stora), la route côtoie le rivage, puis descend en lacets dans le ravin d’El – Kantara. Elle le traverse sur un ponceau, pour s’élever ensuite sur les flancs d’un monticule bordant la mer d’une arête vive  qu’elle laisse à sa gauche. C’est là que, que non loin de l’embouchure d’un petit cours d’eau, s’élever une villa merveilleusement située dans un site des plus pittoresque. ] La villa possédait sa propre citerne d’eau, ainsi que deux belles « Absides ». La citerne avait pour but de fournir de l’eau potable et aussi la fraîcheur. Les citernes alimentaient aussi les thermes privés qui devaient se trouver dans les pièces des façades de l’édifice.

La voie des tombeaux.

 

            En avançant vers Rusicade, un certain nombre de grands tombeaux ont été trouvés, mais très endommagés par les fouilles mal dirigées dans les premiers temps de l’occupation. Puis complètement disparu avec l’utilisation toujours des matériaux,  recyclés pour les futurs battisses aménagées pour les nouveaux colons arrivant.   Selon les relevés réalisés  par « De La Mare » le  type de tombeau trouvé était entouré d’une enceinte presque rectangulaire, de dix sept mètre, vingt cinq centimètre environ 12 mètres. L’entrée du tombeau était dominée par une voûte. On pénétrait par l’entrée du tombeau et   descendre dans le caveau où sont enterrés les morts dans de beaux  sarcophages  en marbre blanc. . Le tombeau formait un carré de 7 m 92 de côté, des murs variants de 1 m 35 cm à 1 m 40 cm d’épaisseur. Le sol était constitué de belles mosaïques. Ä l’intérieur du tombeau il avait été recueilli des médailles en bronzes à l’effigie de personnalités de la dynastie Romaine.  

 

Le pont de la voie Romaine.

 

Voici la description par les fouilles sur ce pont :  [ En se dirigeant vers Rusicade venant de Stora, on arrive près d’une construction qui témoigne que nous sommes sur l’emplacement de l’antique voie Romaine qui venant de Cirta  et traversant  Rusicade du Nord au Sud.  Le chemin que nous suivons arrive au bord d’un ravin creusé par l’oued Beni Malek (Les Beni Malek c’était une tribu Berbero-arabe qui se trouvait dans le site des ruines de l’ancienne Rusicade au moment de la pénétration des soldats français.)  Il le traverse sur un pont où fut trouvé une inscription sur une pierre datée sous l’ère de « Hadrien,  117- 158 de l’ère chrétienne] dont voici le contenu traduit  à la langue française :

 

 

 

 

 

villa-romaine.jpg

« Consacré au Génie auguste de la Colonie de Vénus, RUSICACE. Marcus Aemilius Ballator ; outre les dix mille sesterces qu’il a déjà donné, sur la demande du peuple, pour la construction et l’ornementation du théâtre, a fait élever à ses frais, deux statues, l’une au génie de notre Patrie, et l’autre à celui de l’Annonce sacré de Rome. A l’occasion de leur dédicace, il a donné une journée de jeux publics, avec distribution de bons de vivres, à ces citoyens. L’emplacement des statues a été choisi par décret des décurions. »

: [ Sous l’empereur César, Trajan Hadrien, Auguste, la républiques des Ciréens a fait construire, à ces frais, les ponts de la voie nouvelle de Cirta à Rusicade, Sextus Julius Major,  étant legat d’Auguste, propréteur de la III ème  Légion Augusta. ( C.I.L., VIII, 10296.) ]

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